Comment les gouvernements font fonctionner les marchés

Marketcraft

par Mario Jodoin

Comme son titre l’indique, Marketcraft – How Governments Make Markets Work (La création des marchés – Comment les gouvernements font fonctionner les marchés) de Steven K. Vogel, professeur de sciences politiques, vise à évaluer «les marchés grâce à un nouveau concept, la «création des marchés», qui représente une fonction gouvernementale essentielle au même titre que la création de l’État».

1. La thèse de la création des marchés : «Les marchés ont besoin de règles non seulement pour protéger la population et l’environnement contre les dommages qu’ils peuvent occasionner, mais aussi et en premier lieu, pour fonctionner efficacement». Ce chapitre vise à présenter la thèse principale de ce livre, soit que les marchés sont une institution humaine (soit une «combinaison complexe de lois, de pratiques et de normes») qui n’a rien de naturel. Même si les opinions divergent sur le niveau d’intervention optimal des gouvernements, il demeure que même les plus grands promoteurs des marchés libres reconnaissent que le gouvernement doit au moins s’assurer que les marchés fonctionnent efficacement, protéger la propriété privée et encadrer un système monétaire. L’auteur avance que, comme les marchés sont une institution, ils sont le résultat d’une construction gouvernementale et non du laisser-faire. Dans ce sens, il est illogique d’opposer les marchés au gouvernement, comme le font trop souvent les promoteurs des marchés libres, car sans gouvernement, il n’y a pas de marchés. L’auteur présente ensuite ses 10 propositions fondamentales («core propositions») :

  • les marchés libres ou parfaits n’existent pas (sauf en théorie à des fins analytiques);
  • les marchés doivent être créés;
  • une réforme des marchés est en premier lieu une entreprise de construction, pas de démolition;
  • un défi politique ne peut pas être relevé uniquement avec des solutions de marché;
  • les politiques ont en général des effets qui sont à la fois favorables et défavorables au libre marché;
  • il n’y a pas d’opposition entre le gouvernement et les marchés, ils sont complémentaires;
  • la réglementation favorise généralement la concurrence, contrairement à bien des affirmations et des perceptions;
  • une économie aussi libre que celle des États-Unis est plus réglementée qu’une économie davantage coordonnée comme celle du Japon;
  • pour avoir une économie plus libre, le Japon aurait besoin de plus de réglementation;
  • l’émergence du secteur des technologies de l’information exige plus de réglementation.

L’auteur se concentre dans la suite de ce chapitre sur différents aspects de la gouvernance des marchés (comme la capture réglementaire et la recherche de rentes), à la fois par les gouvernements et par des organismes d’autoréglementation, aspects qui seront approfondis dans les chapitres suivants. Il esquisse aussi les domaines de la gouvernance des marchés, soit les lois, les pratiques et les normes qui doivent les encadrer.

2. Les composants de la fabrication des marchés : «Ce chapitre présente quelques-unes des institutions les plus importantes qui sont nécessaires pour faire fonctionner les marchés et leur permettre de prospérer», ainsi que les arbitrages que le législateur doit faire en fonction des intérêts conflictuels des agents économiques. L’auteur donne aussi des exemples d’arbitrages différents dans quelques pays (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne et Japon, surtout). Ces institutions sont :

  • les sociétés et leur responsabilité limitée;
  • les règles et normes comptables;
  • le secteur financier;
  • les marchés de capitaux;
  • la gouvernance des sociétés;
  • le marché du travail et sa réglementation;
  • la réglementation des monopoles;
  • la réglementation sectorielle;
  • la protection de la propriété intellectuelle;
  • la création de nouveaux marchés.

3. La création des marchés à la sauce états-unienne – Pourquoi l’économie de marché «la plus libre» du monde est la plus gouvernée : Pour prouver l’affirmation du titre de ce chapitre, l’auteur souligne que le Mercatus Center estime que le Code of Federal Regulations des États-Unis comprenait 36 508 955 restrictions en 2016. «Cela peut sembler paradoxal, mais cela correspond bien à l’argument avancé dans ce livre : si les marchés ont besoin de gouvernance, alors l’économie qui a le marché de capitaux le plus développé, le marché du travail le plus flexible et les marchés de biens les plus concurrentiels doit exiger la gouvernance la plus élaborée». Ce chapitre décrit l’infrastructure massive de la gouvernance des marchés aux États-Unis et montre que les réformes dites de déréglementation des années 1980 n’ont pas vraiment enlevé de contraintes, mais les ont plutôt modifiées, sans que ces modifications améliorent la gouvernance des marchés.

Il analyse tout d’abord l’évolution des lois, des pratiques et des normes qui encadrent dans ce pays les institutions les plus importantes depuis le milieu du XXe siècle (analyses très riches que je ne peux résumer), puis présente des exemples de création de marchés dans le contexte de la révolution de l’information et de la crise financière mondiale.

4. La création des marchés à la sauce japonaise – Pourquoi il est si difficile de créer une économie de marché libérale : «Après la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement japonais a contrevenu à plusieurs préceptes de la théorie économique orthodoxe, ce qui n’a pas empêché ce pays de produire le plus grand succès économique du monde». Il a notamment créé des barrières à l’entrée de nombreux marchés et même à leur sortie! Par contre, la coopération entre les entreprises des mêmes industries était solide, de même que la loyauté entre les patrons et les employés (mais moins avec les employées…), et entre les entreprises et les banques. Toutefois, la stagnation économique depuis le début des années 1990 a porté les décideurs à remettre en question ce modèle. Ce chapitre décrit les particularités des institutions japonaises de l’après-guerre et les réformes qu’il a adoptées depuis le début des années 1990, puis présente un exemple de combinaison de lois, de pratiques et de normes qui pourrait aider le Japon à sortir de sa situation actuelle. Ce chapitre montre à quel point une culture différente peut générer des institutions spécifiques qui peuvent fonctionner efficacement, mais qui n’auraient pas nécessairement les mêmes effets ailleurs ni n’en ont eu dans le même pays quelques années plus tard, comme la stagnation qui a suivi l’a bien montré (en partie en raison du manque d’adaptation des institutions japonaises à certaines activités, par exemple aux technologies de l’information).

5. La création des marchés en théorie et en pratique : Même s’il peut sembler évident que les institutions et les marchés sont régis par des lois, des pratiques et des normes, la plupart des débats politiques au sujet de l’économie portent sur l’opposition entre les marchés et les gouvernements «comme si plus de l’un signifiait moins de l’autre». L’auteur souligne le rôle du langage dans la perception de cette opposition, le fait de parler de «libre marché» sous-entendant par exemple que les marchés sont vraiment libres alors qu’ils ne le sont pas et que toute intervention extérieure pervertirait la pureté de cette institution pourtant créée par l’action gouvernementale. Il souligne que même l’utilisation du terme «intervention» devant gouvernementale, plutôt que de parler d’«action gouvernementale», laisse penser à une interférence du gouvernement dans le fonctionnement autonome des marchés, alors que sans action gouvernementale, les marchés n’existeraient pas. Les actions des gouvernements pour faire circuler plus d’information améliorent le fonctionnement des marchés, qui, sans elles, demeurerait opaque, mais on parlera de «réglementation» et on utilisera le terme «déréglementation» pour laisser penser qu’en réglementant moins, les marchés fonctionneraient mieux alors qu’ils seraient en fait plus opaques. L’auteur poursuit avec de nombreux autres exemples d’abus terminologiques visant à faire penser que les marchés et les gouvernements ne sont pas seulement des institutions différentes, mais opposées. Je ne mentionnerai que le concept de «redistribution» qui laisse entendre que l’action gouvernementale ne doit avoir lieu qu’après la distribution initiale faite par les marchés (on parle d’ailleurs de revenus de marché), alors que les institutions influencent autant la distribution initiale que la distribution finale.

Le concept de «concurrence parfaite» est lui aussi trompeur. Il nous suggère que cette concurrence serait l’état normal des marchés, alors qu’elle n’existe nulle part. Ce concept amène les économistes et les décideur.euses à vouloir libéraliser les marchés en réduisant la réglementation et les actions gouvernementales, alors qu’au contraire, les chapitres précédents l’ont bien montré, c’est en réglementant et en agissant que les gouvernements peuvent contribuer à ce que les marchés fonctionnent mieux. Cela a entraîné des erreurs majeures, surtout dans les pays en développement (mais pas uniquement), par l’application du consensus de Washington et l’imposition de programmes d’ajustement structurel qui ont appauvri grandement ces pays. Ce concept est aussi à la base de l’idée de défaillance du marché (monopoles, externalités, asymétrie d’information, etc.) qui est présentée comme une exception au fonctionnement des marchés alors qu’elle est une caractéristique de leur état normal. L’auteur aborde ensuite l’importance des valeurs sociales dans la création et la gouvernance des marchés, et présente les vues à ce sujet de la sociologie économique, de l’économie comportementale et, bien sûr, de l’économie institutionnelle. Il discute ensuite des concepts suivants :

  • les barrières non tarifaires (autre appellation trompeuse, car ce qu’on appelle trop souvent des barrières non tarifaires sont le plus souvent le résultat de décisions démocratiques légitimes);
  • la capture de la réglementation (et de la déréglementation…);
  • le passage d’une économie de marchés coordonnée à une économie de marchés libéralisée (et vice-versa);
  • le lien entre les marchés et la liberté;
  • la mesure de la liberté économique;
  • la neutralité du Net (Ted Cruz a déjà dit qu’elle est l’équivalent de l’Obamacare pour Internet…).

Il poursuit en présentant de nombreux échecs dans la conception de la réglementation des marchés, et en montrant que les libertariens et autres laudateurs du libre marché ont tort de rejeter les actions gouvernementales s’ils veulent des marchés les plus libres possible et que les progressistes pourraient très bien (et devraient) utiliser la création de marchés pour qu’ils correspondent davantage à leurs valeurs et à leurs objectifs. Ils pourraient les concevoir pour qu’ils favorisent la répartition des richesses plutôt que leur concentration comme c’est le cas actuellement, la protection de l’environnement, la lutte contre la spéculation et le réchauffement climatique, le rééquilibrage des rapports de force entre les employeurs et les travailleur.euses, etc. Et l’auteur conclut :

«[La gouvernance du marché] influence tous les aspects de la performance économique et sociale: la croissance économique, l’innovation technologique, l’égalité des chances, la sécurité économique, la répartition de la richesse, la protection de l’environnement, la santé, la sécurité, etc. (…) Les marchés doivent être considérés comme des moyens, pas comme des objectifs, et les objectifs doivent être déterminés par un processus démocratique et non pas en laissant les choix aux marchés eux-mêmes.»

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire sans faute si on comprend l’anglais ou harceler un éditeur pour que ce livre soit traduit! Je n’ai jamais lu un livre aussi clair sur l’interaction inévitable entre l’action gouvernementale, la culture d’un peuple et le fonctionnement des marchés. Je devrai même dorénavant surveiller mon langage encore plus que je ne le faisais auparavant pour éviter certains termes qui portent à confusion. En plus, la structure de ce livre est impeccable, chaque sujet s’emboîtant parfaitement au précédent, une qualité que j’apprécie particulièrement. Malheureusement, les très nombreuses et substantielles notes sont en fin de livre. Au moins, quand le livre n’est pas trop gros comme celui-ci, c’est moins pénible de lire un livre avec deux signets, mais ça demeure gossant… Convainquez donc votre éditeur qui le fera traduire de ne pas reproduire cette horreur livresque!

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Solidarité : du sens pour l’entreprise

Suite d’articles

Insuffler plus de solidarité dans l’entreprise, c’est d’abord y construire un projet commun et partagé: tel est le voeu de Jean-Michel Pasquier, fondateur et dirigeant de Koeo, la plateforme du mécénat de compétences.

La principale vertu d’une crise, surtout lorsqu’elle est de nature structurelle comme celle que nous vivons actuellement, est de nous indiquer, « en creux », les pistes qu’il faudrait suivre pour faire évoluer la société dans le bon sens.

Une valeur fondamentale émerge aujourd’hui et se retrouve dans tous les chantiers sociétaux qui s’ouvrent devant nous: la solidarité. Même si cette notion est souvent galvaudée et récupérée, elle reste pourtant le point d’ancrage incontournable pour faire évoluer les relations humaines, notamment dans les échanges économiques. Nous nous devons donc de réinjecter de petites doses de solidarité dans nos rapports quotidiens, et particulièrement dans ceux vécus dans l’entreprise.

Car la solidarité, au sens étymologique, se lit de deux façons: comme le rapport de personnes ayant une même communauté d’intérêts, mais aussi comme le sentiment d’un devoir moral envers les autres membres du groupe. Ces deux éléments, qui devraient finalement être les actes fondateurs de toute entreprise, ne sont malheureusement pas des valeurs ressenties spontanément par les salariés dans leur sphère professionnelle.

Le partage du projet commun

Cela n’est pas un hasard si les nouvelles générations sont de plus en plus attirées par les petites structures de type PME/TPE, voire par des entités de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), seules capables à leurs yeux de leur apporter ce minimum syndical de gratification morale personnelle à la fin de chaque journée, même si cette posture peut être caricaturale.

Bien évidemment, pas d’angélisme: l’entreprise n’a pas pour vocation « d’aider » son prochain, collaborateurs ou autres parties prenantes externes. Mais le culte absolu de la performance, mixé à l’individualisme de notre époque (mais lequel est la cause ou la conséquence de l’autre?), vient nous montrer ses limites dans le cadre du travail: stressdéfiance, perte de sensdémotivation, sont les signaux d’alerte d’un système qui a besoin de se régénérer rapidement. Comment? Autour d’une idée simple: le partage du projet commun, donc d’une certaine solidarité fondamentale.

La construction de la solidarité en entreprise

Et parce que la solidarité ne se décrète pas mais se construit, il va falloir remettre beaucoup de choses à plat dans l’entreprise. Dans le cahier des charges de cette construction solidaire, il s’agit:

  • de mieux gérer les compétences en les responsabilisant intelligemment, de façon plus qualitative que quantitative.
  • de mettre en place une reconnaissance des talents soutenue par l’échange d’information, la co-construction, le partage d’expertises.
  • de libérer les initiatives en interne, et décloisonner régulièrement les services et les départements qui instituent souvent les fameux « prés carrés ».
  • d’être exemplaire en matière de gouvernance et de rémunération, de transparence, pour créer une véritable adhésion, dynamique et stimulante
  • d’ouvrir l’entreprise vers les autres acteurs de la société civile, et notamment le secteur non-marchand, pour échanger, apprendre, s’inspirer au travers de partenariats.

Bref, la liste est longue, mais elle va dans un sens prometteur, celui du simple bon sens: nous habitons tous la même maison. Et c’est la RSE, la fameuse Responsabilité Sociale d’Entreprise -ou comment « Remettre de la Solidarité dans l’Entreprise »- qui doit s’emparer rapidement de ces enjeux concrets pour mettre en place ces fondations vitales, bien avant de penser à la pose des fenêtres et du toit. Car la maison « entreprise », quels que soient son activité, son objet ou son statut, peut réellement être un lieu d’épanouissement partagé, ouvert et plus… solidaire.

https://www.lexpress.fr/emploi/business-et-sens/remettre-de-la-solidarite-dans-l-entreprise_1165310.html

 

Comment inciter ses salariés à la solidarité

PATRICK DÉNIEL 

Dons, mécénat ou bénévolat de compétence, les modalités d’engagement citoyen au sein de l’entreprise ne manquent pas.

Comment inciter ses salariés à la solidarité
L’Oréal organise chaque année un Citizen Day. L’occasion pour ses collaborateurs de mener des actions de solidarité en faveur de la jeunesse, de l’environnement…

 

Patrons de PME, directeurs des ressources humaines, méditez cet adage : un salarié solidaire est un salarié plus heureux (et sans doute plus productif) ! « Sa fierté est multipliée par deux ! », indique Charlotte Dekoker, la déléguée générale de l’association Admical, qui développe le mécénat d’entreprise. L’entreprise socialement engagée y gagne aussi. « Quand une grande société de conseil explique aux candidats à l’embauche qu’ils pourront s’investir un certain nombre d’heures au service d’associations, cela renforce son attractivité », note Émilie Jautzy, la responsable communication partenariats de l’association Électriciens sans frontières. Les jeunes salariés semblent toutefois plus motivés que leurs aînés. Voici quelques règles pour impliquer tous vos collaborateurs dans cet élan solidaire.

1) Créez un cadre

L’implication du top management est essentielle. « L’impulsion est venue du comité de direction et de moi, raconte Emmanuel Vasseneix, le PDG de La Laiterie de Saint-Denis-de-l’Hôtel (LDSH), qui réalise 440?millions d’euros de chiffre d’affaires. Après s’être frotté au projet économique et social d’Antoine Riboud, chez Danone, il a organisé, chez LDSH, plusieurs opérations dans des hôpitaux en France, au Bénin et au Cambodge. « Si les salariés sentent que les dirigeants ne sont pas impliqués, cela ne marche pas. Il ne faut pas non plus que ce soit le “machin du patron”. Les collaborateurs doivent être acteurs, sinon on porte le projet à bout de bras et c’est épuisant », confie-t-il.

Premier conseil : ne soyez pas trop ambitieux et démarrez « petit ». « Le projet doit partir de l’entreprise, de ses métiers, de son histoire, de ses engagements, de l’implication des salariés, mais aussi de sa stratégie », insiste Yoann Kassi-Vivier, directeur général de Pro Bono Lab, qui met en relation entreprises et associations. La réflexion sur les actions solidaires peut aussi s’inscrire dans un chantier de responsabilité sociale et environnementale (RSE) plus vaste. « Dans notre dernier plan stratégique, nous avons défini plusieurs axes, dont celui de la communauté, détaille Virginie Corbeaux, la responsable marketing et communication de C’Pro, un fournisseur de services d’impression informatique, qui emploie 350 personnes en Rhône-Alpes, pour 80?millions d’euros de chiffre d’affaires. Nous nous sommes centrés sur l’éducation et l’employabilité. Nous avons constitué un groupe de cinq salariés volontaires, qui se réunit une fois par mois au téléphone et une fois par trimestre physiquement. »

2) Partez des valeurs de l’entreprise

Pour que l’action soit visible, privilégiez une ou deux thématiques fortes, représentant les valeurs de l’entreprise. « La difficulté dans un grand groupe, c’est d’embarquer les salariés. Certains ne connaissent pas encore notre fondation. Nous avons décidé d’être plus lisibles et de faire de l’éducation et du numérique nos axes principaux », commente Brigitte Audy, la directrice déléguée au mécénat et à la solidarité et secrétaire générale de la Fondation Orange. Thales, qui a créé sa fondation en 2013, a choisi de se focaliser sur l’innovation technologique au service de l’éducation et des situations d’urgence.

Si la démarche est très « top-down » au départ, il faut gagner l’adhésion des collaborateurs. Testez l’idée, trouvez des ambassadeurs et impliquez tous les niveaux hiérarchiques et services de l’entreprise. Faites un essai avec une initiative au profit d’une association, le temps d’une journée de travail. Ensuite, recueillez les idées de vos salariés. « Quand nous avons décidé de donner 150 ordinateurs à des associations, explique Virginie Corbeaux, nous avons demandé aux salariés de nous soumettre des noms d’associations. » Chez LDSH, « quand un salarié vient nous voir avec une idée, nous lui demandons s’il est partant pour piloter le projet », explique Emmanuel Vasseneix.

3) Proposez un panel d’actions

L’entreprise mobilise d’autant plus facilement ses salariés qu’elle propose un panel d’actions de solidarité. Il existe trois grands types d’engagement. Le don financier, qui peut être abondé par l’entreprise : arrondi sur salaire, épargne salariale, collecte de fonds, don de RTT. « Si la sollicitation financière est assez décomplexée chez les Anglo-Saxons, elle peut être perçue comme intrusive par les Français », avertit Katia Marembert, la responsable expertise mécenat et partenariats solidaires de l’association IMS-Entreprendre pour la Cité. « Nous ne faisons pas de collecte d’argent. Ça serait le bout du monde si nous arrivions à réunir 2 500?euros », indique Virginie Corbeaux de C’Pro. En revanche, la PME organise des dons en nature (vêtements, jouets, don du sang). C’est le deuxième type d’action. Les salariés peuvent organiser un don ou un prêt de la production de l’entreprise.

La troisième forme d’engagement est la plus aboutie. Il s’agit du don de compétence du salarié, qui se traduit sous la forme de mécénat, pris sur le temps de travail, ou de bénévolat, hors temps de travail. Cette pratique connaît un fort développement. Chaque année, L’Oréal mobilise ses salariés autour d’un Citizen Day. En 2014, pour sa cinquième édition, l’événement a mobilisé quelque 24 000 des 77 000 collaborateurs du groupe. Ils ont participé, sur leur temps de travail, à une action d’une journée auprès de 420 associations. La plate-forme internet dédiée à cette manifestation recense les différentes associations et les engagements des salariés, pendant et en dehors de leur temps de travail. Orange a fait le choix de réserver le mécénat de compétence aux seniors en fin de carrière. Un accord d’entreprise a été signé en ce sens : 12 000 personnes travaillent actuellement à temps partiel pour le compte de diverses associations sur le thème de la solidarité numérique.

Les salariés ont la possibilité de participer en dehors de leur temps de travail à des opérations de générosité. Le mécénat de compétence peut, dans certains cas, prendre la forme d’un congé solidaire consacré à une mission inscrite dans le cadre d’un projet humanitaire. Mission à laquelle l’entreprise participe financièrement ou matériellement.

4) Déjouez les résistances

Une démarche comme le mécénat de compétence peut générer des résistances dans le middle-management, réticent à lâcher un salarié sur son temps de travail, ou dans le service RH. Faites ressortir les bénéfices managériaux à retirer de ce type d’opérations. Un grand constructeur automobile, souhaitant consolider la cohésion d’une génération de cadres à haut potentiel, leur a, par exemple, proposé de travailler deux jours pour une association, afin de l’aider à élaborer son business plan. Parfois, l’initiative vient des salariés eux-mêmes. « Certains s’engagent dans les Citizen Days et en profitent pour rencontrer du monde. Cela fait partie de la culture du mélange que nous encourageons », souligne Andrea Cabrera, la directrice communication de L’Oréal. « Les démarches de solidarité servent le développement de l’entreprise, estime Emmanuel Vasseneix. La présidente de l’association Dessine-moi un sourire, créée par des salariés, travaille au service achats. Elle a acquis de la maturité et de l’expérience dans la gestion de projet et cela a clairement un impact positif pour nous. »

5) Communiquez, évaluez, valorisez

Newsletter, happening, carte de vœux, site internet, rapport RSE… Tous les moyens sont bons pour impliquer les collaborateurs et les informer de l’avancée des projets. La communication, nerf de la guerre, est chronophage. N’hésitez pas à faire venir les associations bénéficiaires dans votre entreprise pour des temps d’échange. Attention à valoriser l’action des salariés sans donner l’impression de les utiliser à des fins marketing. La frontière est ténue. Notamment quand vous communiquez vers l’extérieur. « Il faut faire attention à ne pas se bâtir une culture d’entreprise sur ce type de projets, ça peut faire des dégâts, remarque Virginie Corbeaux de C’Pro. Aujourd’hui, nous sommes assez à l’aise sur le fait que c’est un axe stratégique. »

N’oubliez pas la phase d’évaluation. Interrogez vos salariés après les opérations menées : quel est leur niveau de satisfaction, quel sens en ont-ils retiré, quelles compétences et quels réseaux ont-ils développés, veulent-ils parler de l’action autour d’eux ?…Ces sondages peuvent s’accompagner d’entretiens plus qualitatifs avec le salarié et l’association aidée. « Nous faisons remplir des questionnaires de satisfaction, explique Andrea Cabrera. Nos salariés nous demandent davantage d’engagement, ils veulent connaître la puissance de ce qu’ils font. Au fil des ans, ils gagnent en solidarité. Ils veulent de plus en plus être au contact des bénéficiaires des actions et sentir qu’ils font du bien. »

Enfin, si votre entreprise s’engage et abonde les pratiques ou les conduites vertueuses, cet aspect peut être abordé lors d’un entretien individuel. C’est le cas chez le fabricant de jus de fruits Innocent. « La générosité est l’une des cinq valeurs du groupe, explique Nicolas Marotte, le directeur général de la filiale française. Lors des entretiens d’embauche, nous nous assurons que les candidats sont en phase avec cette valeur et ont accompli des choses en ce sens. Lors des deux entretiens annuels, nous regardons comment les salariés ont fait vivre cette valeur à côté des quatre autres. »

Les entreprises moins généreuses

Selon une enquête Admical-CSA, le mécénat des entreprises de 20 salariés et plus a baissé entre 2012 et 2014, le budget alloué passant de 1,9 à 1,8 milliard d’euros. Seules 12 % des entreprises françaises sont mécènes, avec des proportions qui varient selon la taille : 11 % des TME, contre 14 % des PME et 28 % des ETI et grands groupes. Dans leurs champs d’intervention, les entreprises privilégient le social (38 % des budgets) devant la santé (16 %), la culture et le patrimoine (13 %), la recherche (12 %). Le mécénat financier représente 86 % des budgets, contre 10 % pour le mécénat en nature et seulement 4 % pour le mécénat de compétence.

https://www.usinenouvelle.com/article/comment-inciter-ses-salaries-a-la-solidarite.N351586

 

SOLIDARITÉ MÉCANIQUE/ORGANIQUE

Cette notion appartient à la catégorie : Notions obligatoires

Lexique

La solidarité, au sens de Durkheim, correspond aux liens invisibles qui relient les individus entre eux et qui font que la société « tient » : la solidarité est le « ciment » de la société. Elle peut prendre deux formes celle fondée sur la similitude des comportements des individus et des valeurs de la société (c’est la solidarité mécanique) et celle fondée sur la complémentarité des activités et des fonctions des individus (c’est la solidarité organique).

Définition

La solidarité mécanique, pour E. Durkheim, est une forme de cohésion sociale fondée sur la similitude des comportements des individus et des valeurs de la société. La similitude des comportements et l’identité commune des individus fait qu’il n’y a pas de conflit portant sur les valeurs et les normes de la société. C’est la cohésion sociale de sociétés peu différenciées, traditionnelles ou de groupes sociaux réduits, où la conscience collective d’appartenir au groupe prime.

La solidarité organique, toujours pour E. Durkheim, est une cohésion sociale fondée sur la complémentarité des activités et des fonctions des individus. La cohésion sociale repose donc sur la coopération nécessaire entre individus ; la spécialisation fait que chacun a besoin des autres ce qui se traduit par un système de droits et d’obligations les uns vis-à-vis des autres. C’est la cohésion qui devrait exister dans des sociétés dans lesquelles la division du travail est très importante (très grande diversité des fonctions exercées par les individus) c’est-à-dire dans les sociétés développées. La conscience individuelle peut donc s’exprimer.

Indicateurs

Les indicateurs de l’existence de l’une ou l’autre forme de solidarité ne prend pas la forme de statistique. Dans l’approche de Durkheim, c’est le type de droit ou de justice qui permet de détecter leur existence.

Pour Durkheim, la solidarité mécanique peut être repérée par l’existence d’un droit essentiellement répressif, selon son expression. Celui qui ne respecte les valeurs et normes communes doit être puni d’une façon ou d’une autre (privation de liberté, amende, etc.). L’individu coupable doit souffrir du mal qu’il a fait à la société en ne respectant pas ses règles et ses valeurs.

La solidarité organique peut être reconnue par l’existence d’un droit essentiellement restitutif. L’individu qui est en faute doit réparer le mal qu’il a fait aux autres membres de la société : il a rompu la complémentarité et la coopération entre individus propre par cette forme de solidarité. Il doit réparer, « remettre en l’état » (en restituant le bien pris, en réalisant des travaux d’intérêt général, en versant des « dommages et intérêts », etc.). Pour la société, il ne s’agit plus de le faire souffrir de la rupture des liens qu’il a causée mais de permettre à nouveau la coopération entre individus.

On peut ajouter que l’absence de solidarité peut se mesurer à l’aide de données statistiques. Ainsi, pour Durkheim, une augmentation des taux de suicide et des taux de criminalité peut être le signe, la mesure, d’une tendance à l’affaiblissement de la solidarité : l’absence de normes, de valeurs communes acceptées par tous (voir la notion « anomie ») du fait de changements sociaux implique l’absence de contraintes et peut se traduire par l’augmentation de comportements criminels.

Tendances

Pour Durkheim, ce sont les sociétés primitives ou très anciennes qui connaissent des formes de solidarité mécaniques alors que ce sont les sociétés modernes qui connaissent des formes de solidarité organique. Du point de vue historique, nos sociétés seraient passées d’une forme de solidarité mécanique à une forme de solidarité organique du fait de la tendance à l’approfondissement de la division du travail : dans les sociétés préhistoriques, les fonctions des individus étaient peu différenciées ; elles le sont devenues de plus en plus. Par conséquent ce qui fait la cohésion de la société n’est plus le partage de valeurs communes mais la coopération de nombreux individus différents mais utiles les uns pour les autres.

Enjeux

 Le premier enjeu est de se demander si la division du travail seule peut permettre la cohésion d’une société. Le second est de savoir si la solidarité organique a totalement fait disparaître l’existence de solidarités mécaniques.

En effet, si la division du travail s’accompagne d’une interdépendance accrue entre individus et donc de plus de coopération, elle s’accompagne aussi d’une plus grande diversité des situations au sein de la société. Or, cette diversité peut être source de problèmes divers : développement de l’individualisme (voir cette notion) et donc absence de valeurs communes, hiérarchie sociale pas forcément acceptée, etc. Ce sont les fondements de la cohésion sociale qui peuvent être altérés et conduire au développement de l’anomie.

Toutefois, des formes de solidarité mécanique soit perdurent soit peuvent être créées ce qui réduit ce risque. C’est ainsi que, par exemple, l’existence de groupes sociaux qui ont une forte identité peut attacher l’individu à la société et favoriser son intégration sociale. On peut ainsi penser aux identités culturelles géographiques (les bretons, les catalans…). De plus, précise Durkheim, des valeurs collectives peuvent être créées qui attachent l’individu à la société dans son ensemble par l’école notamment. Enfin, l’existence de règles collectives coordonnant des activités socioprofessionnelles spécialisées peuvent faire prendre conscience de l’utilité de chacun : dans le domaine professionnel, les accords d’entreprise, les conventions collectivesfavorisent la vie collective malgré des divergences d’intérêts.

Erreurs Fréquentes

 Confondre solidarité au sens de Durkheim et solidarité au sens courant du terme.

Croire qu’il n’existe plus de solidarité mécanique.

Penser que l’individualisme, lié à la solidarité organique, est automatiquement source de repli sur soi et d’absence d’intégration et de cohésion sociale.

http://ses.webclass.fr/notion/solidarite-mecaniqueorganique

5 clés pour donner du sens à l’entreprise

Pour Antoine Lemarchand, président des magasins Nature & Découvertes et vice-Président d’Entreprise & Progrès, c’est en mobilisant tous les salariés autour du projet commun de l’entreprise que celle-ci peut trouver un sens. Il sera présent aux Etats généraux du christianisme organisés par La Vie à Strasbourg du 2 au 4 octobre.

Le prix Nobel d’économie Milton Friedman cherchait-il à provoquer lorsqu’il disait que « the business of business is business » et que la seule responsabilité sociale d’une entreprise était d’accroitre ses profits (1) ? 40 ans plus tard, cette question divise tout autant la communauté des entrepreneurs en dépit de superbes « mission statements » qui visent tous à « sauver le monde ».

Pourtant les raisons de donner plus de sens au sein d’une entreprise ne manquent pas.

Une croissance faible oblige à trouver des leviers de motivation autres que les augmentations salariales ou les promotions, à développer une sensibilité des équipes sur l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, à assumer une digitalisation des métiers remettant à plat la hiérarchie confortable d’hier et plus généralement, comme l’avait diagnostiqué le philosophe André Gorz, à envisager la fin progressive des sociétés basées sur le travail (2). Enfin, une sensibilité accrue du grand public – donc des clients – au rôle des entreprises dans la société est à prendre en compte alors que le niveau de défiance vis à vis de ces dernières est particulièrement fort en France (25ème sur 27 pays étudiés dans le baromètre Edelman sur la confiance (h) (3).

De nombreuses entreprises en France arrivent à donner un sens profond à leurs actions, mais on parle rarement d’elles. Beaucoup font partie de ce que Jacques Attali nomme l’économie positive (4). Une économie holistique, orientée sur le long terme, créatrice de valeurs (au pluriel) et soucieuse des générations futures. J’ai la chance, de par ma fonction, d’en rencontrer régulièrement et elles ont cinq particularités. Elles savent :

1 – Définir le projet commun de l’entreprise avec une charte peu ou pas changée au gré des années. C’est aussi une des conditions pour durer dans le temps comme le prouvent Jim Collins et Jerry Porras dans leur best seller « Bâties pour durer »(5),

2 – Mobiliser les équipes autour d’un grand projet ambitieux, un graal, qui donne un rôle à l’entreprise, comme par exemple, celui de « reconnecter les hommes à la nature » que porte Nature & Découvertes depuis 25 ans. Ce projet s’exprime au quotidien au travers des produits ou des sorties que nous proposons mais aussi via une fondation d’entreprise créée il y a 22 ans et dont les projets à financer sont votés par la direction, les clients et les salariés de l’entreprise (6).

3 – Impliquer les cinq parties prenantes de l’entreprise (clients, équipes, fournisseurs, sociétal et gouvernance) et évaluer le niveau de performance sur des critères quantitatifs et qualitatifs favorisant le long terme,

4 – Expliquer à tous les niveaux de l’entreprise le projet annuel, les comptes financiers et les utilisations du cash flow pour démystifier l’Économie, matière dans laquelle le niveau des français est particulièrement faible,

5 – Progresser sur leur mode de production notamment sur les critères sociaux et environnementaux sans tomber dans la surabondance de normes ou labels qui se « décrochent » mais qui restent illisibles pour de nombreux clients ou salariés.

Pour finir, ces entreprises sont souvent dirigées par une personnalité forte et empathique, qui aura pour rôle de promouvoir ce sens au travers de rencontres de terrain, qui aidera à fixer des objectifs ambitieux et qui rythmera les actions par épisodes. Le bienfait du modèle est de pouvoir motiver sur de nombreux autres critères que la rentabilité, que celle-ci soit ou non au rendez-vous.

La difficulté réside bien sûr dans le fait que la performance économique conditionne de nombreux projets de sens. Bill Clinton avec le fameux slogan « It’s the economy, stupid !», l’avait bien compris dans sa campagne de 1992, en pleine récession…

http://www.lavie.fr/debats/etats-generaux-christianisme/5-cles-pour-donner-du-sens-a-l-entreprise-07-09-2015-66285_519.php

Comment les actions de solidarité servent-elles la stratégie des entreprises ?

YOANN KASSI-VIVER

« Il n’y aura plus d’économie sans justice sociale » a déclaré le PDG de Danone aux jeunes diplômés d’HEC dans une vidéo qui a fait le tour du web. Les chiffres ne le font pas mentir : le mécénat d’entreprise a enregistré une hausse record de 25% en deux ans en France (Baromètre Admical/CSA 2016). Yoann Kassi-Viver, co-fondateur de Pro Bono Lab, analyse ce que les actions de solidarité apportent aux entreprises.

1.UNE RÉPONSE AU DÉFI DU SENS DANS L’ENTREPRISE2.MANAGEMENT, ANCRAGE LOCAL ET INNOVATION : LE TRIPTYQUE GAGNANT-GAGNANT3.UNE NOUVELLE DÉFINITION DE LA PERFORMANCE

Une réponse au défi du sens dans l’entreprise

Yoann Kassi-Viver observe que l’engagement des collaborateurs est de plus en plus en vogue. C’est pour les impliquer dans des projets solidaires soutenus par les entreprises et cohérents avec leur business model qu’il co-fonde l’association Pro Bono Lab. « Le pro bono, du latin « pro bono publico » qui signifie « pour le bien public », désigne l’engagement volontaire de ses compétences professionnelles pour le bien public, que cela soit sur le temps de travail, ou en dehors du temps de travail ». Ce mouvement concerne tous les niveaux de l’entreprise : Pro Bono Lab travaille ainsi avec des managers et hauts potentiels de Groupes tels que Renault, Allianz ou Eurogroup.

« Il y a quelques années, les actions de solidarité des entreprises se limitaient à l’octroi de financement. Elles ont compris qu’elles avaient un intérêt à travailler différemment avec les associations pour donner du sens à leurs actions tout en impliquant un maximum de parties prenantes à ces nouveaux modes de partenariats ».

« Parties prenantes » de choix pour l’entreprise, les nouvelles générations de collaborateurs seraient de plus en plus friandes de ce type d’initiatives. « Un jeune diplômé de grande école, qui a eu l’occasion de s’engager dans le cadre de ses études, va connaître une frustration lorsqu’il arrivera dans le monde du travail car son agenda ne lui permettra plus de s’engager. Entre une entreprise qui lui permet de le faire, lui offre des opportunités d’engagement, de trouver du sens, de valoriser ses compétences, et une entreprise qui ne fait rien… il y a des chances qu’il préfère la première ! »

Mais les nouvelles générations n’ont pas le monopole du solidaire : Yoann ajoute que les entreprises s’intéressent beaucoup à leurs collaborateurs dits « en mobilité » ou en fin de carrière. « Leur proposer des actions solidaires sur des périodes calmes est une manière intelligente et constructive de les remobiliser, de les remotiver et de valoriser leurs compétences. Pour les personnes en fin de carrière, c’est également un bon moyen de préparer la retraite en douceur : le collaborateur pourra, une fois retraité, continuer de s’impliquer bénévolement dans l’association. »

Management, ancrage local et innovation : le triptyque gagnant-gagnant

Interrogé sur ce que les entreprises retirent d’échanges non lucratifs avec des acteurs qui servent l’intérêt général, Yoann cite en premier lieu la dimension managériale. « Mobiliser ses collaborateurs autour d’actions responsables permet d’accroître la fierté d’appartenance et de développer les compétences. C’est aussi un levier pour renforcer la motivation et la cohésion des équipes : dans les moyennes et grandes entreprises, ces actions donnent l’occasion à des collaborateurs qui ne se sont jamais rencontrés de le faire, et de se rendre ainsi compte de la multitude de talents qui composent l’entreprise : c’est stimulant ! » s’enthousiasme-t-il.

Autre apport de ces actions de solidarité pour l’entreprise : contribuer au développement économique et social de son territoire et témoigner ainsi de la valeur qu’elle peut apporter aux acteurs locaux. « Dans certains cas, lorsque le contexte économique et social du territoire d’implantation est risqué pour l’entreprise, la solidarité est un moyen de diminuer ce risque, en légitimant en quelque sorte la présence de l’entreprise sur le territoire » indique Yoann. « C’est ce que l’on appelle la license to operate ».

L’innovation constitue le troisième pan de ce triptyque. Pour le co-fondateur de Pro Bono Lab, le secteur associatif est une vraie source d’innovations pour les entreprises. « Les associations font face aux mêmes défis que les entreprises et doivent trouver des solutions avec beaucoup moins de ressources, tant humaines que financières ». Innovantes par nécessité, les associations dénichent également de nouveaux marchés : « elles identifient sans cesse des besoins sociaux non assouvis auxquels elles s’efforcent de répondre ».

Une nouvelle définition de la performance

Plus subversives qu’elles n’y paraissent, les actions de solidarité seraient en train de remettre en question la définition même de la performance. Yoann est en tout cas persuadé qu’elles devraient être intégrées à la stratégie globale des entreprises.

S’appuyant sur l’étude « Demonstrating the Business Value of Pro Bono Service » conduite en 2011 avec Taproot Foundation aux Etats-Unis et soutenue par L’Oréal, HEC Paris et la Société Générale, il insiste sur le résultat qui, pour lui, est le plus marquant : le glissement de la philanthropie d’entreprise d’une logique de « retour sur ce que l’on a reçu » à une logique de partage, liée au business model de l’entreprise.

« Les entreprises ne voient plus la responsabilité sociale comme un coût, mais comme une opportunité. Les stratégies de RSE ne visent plus seulement les bénéficiaires finaux mais aussi les employés, clients, partenaires et communautés locales ». Cette nouvelle vision de la responsabilité ouvre grand la porte aux programmes pro bono qui servent la performance de l’entreprise en permettant simultanément de fédérer les employés, développer leurs talents, améliorer la réputation de l’entreprise et favoriser l’innovation. La solidarité pourrait bien être l’avenir de l’entreprise.

http://www.monthly-digest-loreal.com/article/comment-les-actions-de-solidarite-servent-elles-la-strategie-des-entreprises/

Ils ont testé… la mise en place d’actions de solidarité en entreprise

La solidarité n’est pas qu’un mot à la mode ! Pour accroître le sentiment de gratitude de leurs collaborateurs, certaines entreprises concrétisent leur politique RSE en instaurant des dispositifs de solidarité innovants. Pierre-Eric Sutter de Mars-Lab a participé à la conférence organisée par Solutions-RSE qui a réuni, courant mai, certaines d’entre elles autour d’une table-ronde.

BNP Paribas opte pour l’arrondi sur salaire

En février dernier, BNP Paribas s’est tourné vers MicroDon pour donner un sens à sa démarche solidaire. « Nous avons opté pour l’arrondi salaire, qui donne la possibilité aux salariés de soutenir des associations en réalisant, chaque mois, des dons à partir de leur salaire net« , explique Catherine Papillon, directrice de la communication. Si cette initiative a séduit le groupe, c’est qu’elle leur permettait de s’associer à la générosité de leurs collaborateurs puisque la banque double le montant de chaque don effectué par ses salariés. Trois mois après la mise en place de cette initiative, les bénéfices sont déjà visibles. « Près de 115 collaborateurs participent déjà à cette action de solidarité. En avril, le don moyen était de 3,80 euros par personne« , souligne-t-elle.

SHL aide les bénévoles le temps d’une journée

Depuis 2013, l’éditeur de solutions d’évaluation organise, une fois par an, des journées solidaires qui consistent à participer à la vie d’une association. En mai dernier, grâce à l’appui de Ca me regarde, « nous nous sommes rendus chez Emmaüs pour aider les bénévoles à effectuer des activités de tri, de nettoyage et de réparation« , explique Sandra Martin, directrice marketing. Quoique non obligatoires, ces journées suscitent, à chaque fois, l’engagement de l’ensemble des collaborateurs. « Comme ces moments d’échanges permettent à nos salariés de se fédérer, nous allons désormais proposer cette expérience au cours d’une demi-journée tous les deux mois. Nous pensons que la récurrence de l’évènement nous permettra de profiter plus longtemps des bénéfices« , précise-t-elle.

Des congés solidaires chez Edenred

Le spécialiste des services prépayés aux entreprises a fait du congé solidaire le pilier de sa politique RSE. Depuis 2011, il propose à cinq de ses collaborateurs de profiter de leurs vacances d’été pour effectuer des missions en Asie, en Afrique, à Madagascar… « Nous avons choisi l’association Planète Urgence pour s’assurer que nos salariés partent dans de bonnes conditions de sécurité et mènent des missions vraiment intéressantes« , raconte Aurélie Saignamarcheix. Si cette initiative a mis du temps avant de trouver son public, elle impacte significativement Edenred aujourd’hui. « Les personnes qui partent en congé solidaire sont ensuite mieux armées pour travailler sur des projets transverses ou occuper des rôles d’ambassadeurs », constate-t-elle.

Le mécénat de compétences adopté par Philips

En 2013, Philips Healthcare a décidé de développer, en parallèle de sessions de team-building, un programme de mécénat de compétences, en partenariat avec la société Koéo. L’objectif ? « Proposer aux collaborateurs du groupe de mettre leurs compétences professionnelles à disposition d’associations pendant leur temps de travail, à raison de quatre jours par an« , explique Sébastien Giraud, manager RH. Jusqu’ici, cinq personnes se sont prêtées à l’exercice. Pour le compte de diverses associations, elles ont organisé un colloque, conçu une plaquette de communication, effectuer des levées de fonds, assurer du dépannage informatique… A la clé ? « Un lien social renforcé et l’augmentation de la confiance entre les salariés et leurs managers« , précise-t-il

 

https://www.exclusiverh.com/articles/logiciel-paie/ils-ont-teste-la-mise-en-place-d-actions-de-solidarite-en-entreprise.htm

Social selling: 4 étapes pour bien prospecter sur les réseaux sociaux

Social selling: 4 étapes pour bien prospecter sur les réseaux sociaux
© pinonepantone – stock.adobe.com

Internet et les réseaux sociaux ont profondément modifié les comportements des consommateurs, chamboulant les méthodes de prospection commerciale traditionnelles jugées trop intrusives par les consommateurs. Le guide Digital marketing 2018 de l’EBG vous donnent les clés du social selling.

Internet et les réseaux sociaux ont entraîné un changement de paradigme en transférant le pouvoir du commercial au client. Désormais, 70 % des achats sont réalisés sans même l’intervention d’un vendeur et, en BtoB, 60 % de la décision d’achat du consommateur est prise avant de rencontrer un commercial.

Le consommateur préfère désormais rechercher lui-même l’information sur internet plutôt que de se la voir imposer via des actions de prospection agressives qu’il n’a pas demandées. Ce changement de paradigme soulève deux enjeux pour votre entreprise.

La personnali-sation est la clé de la réussite.

D’abord, votre entreprise doit être visible sur Internet pour avoir une chance d’attirer l’attention du consommateur et le convaincre de mettre la main au portefeuille. Ensuite, vos commerciaux doivent revoir leurs méthodes pour séduire un consommateur toujours plus sauvage et sur-sollicité.

Ils ne peuvent plus se contenter de décrocher leur téléphone et réaliser des présentations commerciales pour atteindre leurs objectifs. Désormais, vos consommateurs en savent au moins autant que vos commerciauxsur vos produits et services. Ils ont épluché votre site internet. Ils ne souhaitent pas que vous rabâchiez ce qu’ils ont déjà lu, mais ont plutôt désormais besoin d’être rassurés et convaincus que votre entreprise est bien la meilleure pour les aider à atteindre leurs objectifs ou résoudre leurs problématiques.

La personnalisation est donc la clé de la réussite. Pour prospecter avec succès, vous devez désormais mener des actions visant à établir une relation de qualité avec vos consommateurs bien avant qu’ils aient même conscience d’avoir un besoin. Ensuite, vous devez entretenir cette relation en adaptant vos actions tout au long de leur processus d’achat.

Le processus d’achat : un parcours en 3 temps

Pour prospecter efficacement sur les réseaux sociaux et sur le Web en général, il est important d’appréhender le parcours d’achat de vos consommateurs dans son intégralité. Le parcours d’achat du consommateur se compose de 3 étapes-clés : la prise de conscience d’une problématique, l’analyse des solutions et la prise de décision.

Les 3 étapes du processus d’achat : prise de conscience d’une problématique, analyse des solutions et prise de décision.

Durant l’étape de la prise de conscience, l’acheteur identifie une problématique à laquelle il est confronté. Il décide alors si cette problématique est suffisamment importante pour être résolue ou si elle ne l’est pas suffisamment pour être traitée.

Lors de l’étape suivante, l’acheteur est convaincu qu’il doit résoudre la problématique qu’il rencontre et analyse les solutions qui se présentent à lui. Il compare les méthodes et évalue les offres à sa disposition. Bien souvent, ces deux étapes sont réalisées avant de rencontrer un commercial.

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Pour cet acteur européen de la vente événementielle en ligne, il faut être certain que les consommateurs puissent passer leurs commandes quand et où ils le veulent: Showroomprivé utilise le réseau de distribution de contenu (CDN) de Limelight afin d’offrir une expérience en ligne sans faille.

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Pour finir, au moment d’attaquer la troisième étape du parcours d’achat, l’acheteur a déjà retenu le type de solution qu’il juge le plus pertinent. Il a sélectionné quelques offres dans ce sens qu’il compare afin de décider laquelle répond au mieux à ses attentes.

Dans le cadre d’une stratégie de prospection traditionnelle, vos commerciaux ne prennent pas en compte les particularités de ce parcours d’achat et ils abordent les prospects toujours de la même manière. Désormais, avec les réseaux sociaux, vous pouvez optimiser votre stratégie de prospection en privilégiant les prospects les plus chauds et en personnalisant chacune de vos actions. C’est là tout l’intérêt du social selling.

Les 4 étapes de la prospection sur les réseaux sociaux

Pour prospecter efficacement sur les réseaux sociaux, il ne suffit pas de créer un compte sur LinkedIn et d’ajouter le maximum de contacts à votre réseau. La clé du succès réside dans votre capacité à définir et mettre en place une stratégie social selling pertinente.

  • Étape #1 : l’optimisation de vos réseaux sociaux

Cela peut paraître naturel, mais on constate bien souvent en entreprise que des commerciaux essaient de prospecter sur les réseaux sociaux avec un profil vide… Sans intérêt ! La première chose à faire pour prospecter efficacement sur les réseaux sociaux est d’optimiser vos profils.

Pour cela, prenez la peine d’ajouter des photos à votre profil. On parle ici d’abord de la photo de profil qui doit être professionnelle et en adéquation avec les préférences de votre cible et votre image de marque. Ensuite, et elle est bien trop souvent oubliée, on parle également de la photo de couverture qui est une excellente opportunité de renforcer votre image et d’en dire un peu plus sur votre domaine d’activité. Sur un profil LinkedIn, il est ainsi courant de mettre par exemple une photo de couverture qui démontre que vous disposez d’une autorité suffisante pour intervenir en public.

Ensuite, prenez bien soin de remplir toutes les sections à votre disposition. C’est comme cela que vous vous démarquerez de vos concurrents et gagnerez en visibilité sur les réseaux sociaux :

  • Définissez un titre évocateur qui reflète bien votre métier ;
  • Remplissez la section description en incitant à la prise de contact ;
  • Détaillez vos expériences et la valeur ajoutée que vous apportez à vos clients.

Pensez également à demander à vos clients de vous recommander. Sur LinkedIn notamment, vous avez la possibilité d’afficher des recommandations et celles-ci convaincront à elles seules vos prospects de donner suite à votre sollicitation et même de vous contacter directement.

Enfin, partagez sur vos réseaux sociaux du contenu à forte valeur ajoutée traitant des problématiques que rencontre votre cible. Ce contenu peut être directement créé par vous, votre entreprise, ou alors provenir de sites faisant autorité dans votre domaine d’activité. Ainsi, votre profil sera attirant et renforcera votre image d’expert.

  • Étape #2 : l’identification des prospects

Cette deuxième étape est celle qui fait toute la différence avec une stratégie de prospection traditionnelle. Avec Internet et les réseaux sociaux, vous avez tous les outils à votre disposition pour identifier les entreprises et les contacts qui correspondent le mieux à vos profils de client idéal et à vos personas.

Vos profils de client idéal sont tout simplement les types d’entreprise avec qui vous souhaitez travailler et avec qui vous avez les meilleurs résultats. Vous pouvez identifier votre profil de client idéal via, par exemple, des critères d’effectifs, de domaines d’activité ou encore de chiffre d’affaires.

Vos personas, quant à eux, sont des personnages fictifs qui représentent le portrait type de vos meilleurs clients. Pour définir un persona, vous devez répondre aux questions suivantes : quelle est sa fonction ? Quelles sont les problématiques qu’il rencontre ? Comment se forme-t-il, s’informe-t-il ? À quoi ressemble sa journée type? Tous ces éléments vous seront utiles pour les deux étapes suivantes.

Après avoir défini vos différents profils de client idéal et personas, vous devez maintenant vous tenir à l’écoute du marché pour identifier concrètement les prospects qui, un, regroupent ces critères et deux, sont déjà engagés dans leur parcours d’achat.

Ces prospects ont par exemple déjà visité, voire même téléchargé du contenu sur votre site internet. Ils s’informent sur des blogs, posent des questions sur des forums, partagent ou aiment du contenu relatif à leurs problématiques sur les réseaux sociaux.

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Prenons le cas d’un tweet traitant d’un service que vous proposez, et dont un directeur commercial d’une entreprise correspondant à votre cible ferait partie des personnes ayant « aimé » le tweet. Ce responsable serait clairement un très bon prospect pour vous.

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Feelunique multiplie les interactions clients et augmente son taux de conversion grâce aux photos authentiques prises par ses clients

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  • Étape #3 : l’entrée en contact

Dans le cadre d’une prospection traditionnelle, vos commerciaux fournissent un maximum d’efforts pour joindre le bon contact via des appels à froid et des e-mails impersonnels. Ils tiennent toujours le même discours institutionnel et proposent un rendez-vous à leurs prospects dans le but de leur faire une présentation commerciale. En vain.

Les acheteurs n’ont pas le temps de répondre aux dizaines de sollicitations dont ils sont victimes chaque semaine et sont fatigués de devoir répondre toujours aux mêmes questions autour de leur activité et surtout de leur chiffre d’affaires. Comme nous l’avons vu précédemment, l’acheteur souhaite désormais être rassuré et convaincu que vous êtes la bonne personne pour l’aider à atteindre ses objectifs et résoudre ses problématiques.

Avec Internet et les réseaux sociaux, vous avez à votre disposition pléthore d’informations pour agir différemment et personnaliser vos actions selon le contexte de l’acheteur. Vous pouvez notamment vous appuyer sur son activité sur les réseaux sociaux, les contenus qu’il partage ou encore son actualité. Comment faire concrètement ?

Dans l’étape précédente, vous avez identifié vos profils de client idéal et les personas. Maintenant, vous devez définir pour chacun de vos personas une séquence de messages vous permettant d’entrer efficacement en contact avec eux.

Il ne s’agit pas ici d’ajouter tous les prospects identifiés à vos réseaux sociaux, mais plutôt de commencer par engager la conversation via l’envoi de messages à forte valeur ajoutée. Reprenons notre directeur commercial de l’étape précédente : il a aimé le tweet et est une cible intéressante pour votre société. En vous rendant sur son profil LinkedIn, vous remarquez qu’il a aimé un article du type « Comment communiquer sur les réseaux sociaux ». Le meilleur moyen d’entrer en contact avec lui est de lui envoyer un message lui proposant de télécharger votre livre blanc« Comment attirer de nouveaux clients avec les réseaux sociaux ».

  • Étape #4 : la conversion du prospect en client

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En fonction de son retour et de l’historique de ses actions vis-à-vis de vos communications (lectures, clics, partages, réponses…), vous pourrez jauger la pertinence et la maturité de votre prospect en lui donnant tout simplement une note. On parle de lead scoring. Cet historique et cette note vont ensuite vous permettre de lui envoyer des communications ultra-personnalisées et adaptées à son évolution dans le parcours d’achat.

Le but ici est d’entretenir une relation de qualité et d’alimenter de manière quasiment automatique votre prospect dans sa réflexion d’achat pour reprendre finalement contact avec lui au meilleur moment : celui de la signature. Dans cette optique, vous pouvez coupler vos actions de social selling à une solution de marketing automation.

http://www.e-marketing.fr/Thematique/social-media-1096/breves/social-selling-etapes-bien-prospecter-reseaux-sociaux-329486.htm#2KaFJ5Pis4viLXss.97

Les seniors de plus en plus friands des réseaux sociaux

Facebook, Twitter, Snapchat… 80% des plus de 55 ans sont connectés et 84% d’entre eux ont une préférence pour Facebook qui leur permet de combler la solitude et d’avoir des nouvelles de leurs proches.

http://rmc.bfmtv.com/emission/les-seniors-de-plus-en-plus-friands-des-reseaux-sociaux-1412346.html

Utiliser Instagram pour son entreprise

A la fois réseau social mobile et application de retouche et de partage d’images (et de vidéos), Instagram est un outil de marketing efficace pour les entreprises. Comment bien utiliser l’application pour augmenter sa visibilité auprès d’utilisateurs mobiles, mais aussi sur le web ?

Qu’est-ce qu’Instagram ?

Instagram est une application mobile (Android, iOS) de retouche et de partage d’images et de vidéos, qui comprend les fonctionnalités sociales suivantes :

  • Création d’un profil public,
  • abonnement à des comptes d’utilisateurs,
  • tags (mots-clés ou « marqueurs ») ajoutés aux photos/vidéos, géolocalisation,
  • interactions avec les contenus partagés (likes, commentaires)
  • connexion à des applications tierces (Facebook, Twitter)

L’application est la propriété de Facebook et elle est par ailleurs déclinée en version web.

Avec 300 millions d’utilisateurs actifs chaque mois depuis décembre 2014, Instagram revendique une audience plus importante que celle de Twitter.

Pour les entreprises, cette audience représente de nouvelles opportunités :

  • Référencement (visibilité sur les moteurs de recherche),
  • Atteindre une cible d’utilisateurs mobiles (marketing géolocalisé),
  • Développer sa présence sur les réseaux sociaux par le partage de contenus visuels originaux,
  • Fédérer une communauté de membres/fans : ambassadeurs de la marque, prospects.

Le réseau social se tourne donc de plus en plus vers les professionnels. Instagram propose ainsi, depuis le mois de décembre 2014, des comptes certifiés. Ces comptes, signalés par un badge bleu, seront accessibles aux personnalités publiques et aux marques. La fonctionnalité est en cours de déploiement.

Instagram s’est également engagé en faveur d’une vérification des « faux profils » sur son réseau. Une campagne de décembre 2014 a entraîné la suppression en masse de faux profils, ce qui a pu générer une baisse du nombre d’abonnés pour certains comptes. Pour Instagram, il s’agit de valoriser les vrais abonnés et leur engagement envers les marques et personnalités.

En savoir plus : Faire certifier son entreprise sur les réseaux sociaux

Créer et animer un compte Instagram

Créer et renseigner son profil Instagram

Créer un compte Instagram: cette démarche nécessite de télécharger l’application mobile Instagram sur l’App Store (iPhone/iPad) ou Google Play (Android).

  • Ouvrir l’application une fois qu’elle est installée, puis s’inscrire (nom d’utilisateur et mot de passe).

Conseils :

  • choisir un nom d’utilisateur cohérent avec l’univers de sa marque (ou simplement le nom de l’entreprise)
  • Important : les noms d’utilisateurs d’Instagram sont acquis sur la base du principe « premier arrivé, premier servi ». L’utilisation du nom de la marque par un tiers non autorisé peut constituer une violation, qui peut être signalée à Instagram.
  • Aller dans > modifier le profil
  • Ajouter une photo, une biographie (courte description), un lien vers le site web de l’entreprise.

Connecter son compte Instagram avec d’autres réseaux sociaux

Cette étape est important en vue de créer une synergie entre Instagram et les différents réseaux sociaux sur lesquels l’entreprise est présente.
Depuis l’application :

  • Options > Compte > Paramètre de partage : cet écran permet d’activer la synchronisation avec Facebook, Twitter, Flickr, Foursquare et Tumblr

En synchronisant ces services, il sera possible :

  • de multi-poster une image prise avec Instagram sur ces réseaux sociaux (avec l’application iOS, possibilité de partager sur une page Facebook d’entreprise)
  • de permettre à des abonnés/relations sur d’autres réseaux sociaux de trouver plus rapidement votre profil Instagram à travers l’option « retrouver des amis »

Il est également possible d’agréger un flux d’images Instagram sur la page Facebook de son entreprise. Certaines applications, comme Iconosquare (anciennement Statigram) et Webstagram, permettent d’appeler un flux d’images issues d’un compte Instagram, ou qui répondent à un hashtag particulier.

Ces images sont ensuite accessibles depuis un onglet de la page Facebook. Ce type d’action peut être mis en place pour valoriser sur Facebook des images postées par les utilisateurs d’un produit, par exemple.

Il est recommandé d’opter pour une solution qui offre une modération sur certaines images.

Connecter son compte Instagram avec le site web de l’entreprise

La marque ou l’entreprise peut également donner une meilleure visibilité aux images issues d’Instagram sur son propre site internet.
L’ajout de plug-ins, pour un site basé sur le CMS WordPress par exemple, simplifie l’agrégation du flux d’images. Certaines applications peuvent également générer un code html ou iframe, afin d’insérer un flux d’images dans une colonne ou une page.

A noter : Instagram propose également sur son site de générer des badges, afin de signaler à un internaute le compte officiel de l’entreprise.

Gérer plusieurs comptes Instagram

Annoncée en novembre 2015, la gestion du multi-compte est accessible depuis janvier 2016 sur Android et sur iOS.

Il s’agit de faciliter le passage d’un compte à un autre, pour les utilisateurs qui disposent de plusieurs comptes sur le réseau social. C’est le cas par exemple pour les professionnels qui ont accès à leur compte personnel ainsi qu’à celui de la marque ou de l’entreprise.

Le principe est le même que celui adopté par Twitter sur son application mobile, puisqu’il s’agit selon Instagram d’ajouter un compte depuis l’écran de gestion du profil. Une fois les comptes ajoutés, ils sont accessibles sur simple « switch », sans devoir passer par une déconnexion complète.

Cinq comptes au maximum peuvent être gérés depuis l’application mobile. Ils peuvent être ajoutés, modifiés ou supprimés depuis les paramètres de l’application (fonctions « ajouter un compte », « se déconnecter »). Les notifications sont identifiées selon le compte, avec une mention [nom du compte].

Donner de la visibilité à son compte Instagram

Communiquer autour de son profil Instagram

  • Avant toute chose, partager quelques photos originales/personnalisées sur son profil depuis l’application mobile, et s’abonner à des profils, pour inciter les utilisateurs intéressés à vous suivre (le fil d’actualités ne doit pas être vide).
  • partager ensuite son identité Instagram sur les réseaux sociaux,
  • ajouter l’URL/le nom de son profil Instagram en signature électronique de ses e-mails,
  • penser à orienter les internautes qui n’utilisent pas l’application mobile Instagram vers l’adresse web de son profil (important),
  • créer un badge Instagram et l’importer sur son blog/site : en cliquant sur ce badge, les internautes seront dirigés vers la page web correspondant au profil Instagram. La création de badge est accessible en se connectant via l’application web à l’adresse suivante : http://instagram.com/accounts/badges/

Bien utiliser les hashtags ou « marqueurs »

Les hashtags (marqueurs, mots-clés cliquables) facilitent la découverte de photos aux autres membres d’Instagram. Il sont donc particulièrement utiles pour améliorer la visibilité de ses contenus et inciter des abonnés à s’abonner à son profil.
Quelques conseils :

  • éviter d’utiliser les hashtags trop généralistes ou banals (ex : #photo),
  • identifier les hashtags utilisés par les utilisateurs ciblés : utiliser l’outil de recherche de l’application pour voir combien d’occurrences ressortent sur des hashtags d’orthographe proches.
  • noter que les marqueurs les plus courts tendent à être plus souvent les plus utilisés,
  • repérer les hashtags à la popularité croissante (trends) pour tirer parti d’un buzz par exemple,
  • diversifier les hashtags en utilisant des hashtags précis et des hashtags plus génériques.
  • utiliser également les hashtags pour trouver des utilisateurs pertinents et s’abonner à leur profil.

Limiter ou non les commentaires

Depuis septembre 2017, Instagram a déployé une nouvelle fonctionnalité permettant de limiter les commentaires à certains utilisateurs. Le réglage par défaut laisse chaque utilisateur commenter librement les photos, à condition que le compte soit public. Il est également possible de limiter les commentaires à ses abonnés, aux comptes que l’on suit ou aux deux.

Cette fonctionnalité peut se révéler intéressante dans le cadre d’un concours, par exemple, afin d’élargir sa base d’abonnés. Néanmoins, limiter les commentaires aux fans peut également être un point de blocage pour certains utilisateurs.

Les commentaires de certains profils peuvent aussi être bloqués : ce réglage est intéressant pour les entreprises dont les comptes sont régulièrement spammés.

Ces fonctionnalités sont accessibles dans paramètres > commentaires.

A noter : Instagram propose aussi des filtres pour masquer des commentaires considérés comme choquants, ou selon certains mots-clés. Une fonctionnalité intéressante pour éviter certains dérapages !

Créer un lieu, géolocaliser son entreprise

Géolocaliser une photo est une autre façon d’augmenter la visibilité des images auprès des membres d’Instagram. L’application utilise pour cela la base de données du réseau social géolocalisé Foursquare.
Si la géolocalisation d’un lieu précis (ex : adresse de l’entreprise) n’est pas possible, il est alors nécessaire de créer ce lieu sur Foursquare.

Animer le compte Instagram de son business : conseils

  • Utiliser les filtres et les fonctionnalités de retouche à bon escient avant de partager une image ou une vidéo,
  • ajouter une légende aux photos/vidéos, les géolocaliser. Taguer éventuellement des personnes apparaissant sur une image (membres d’Instagram),
  • adapter le type d’images partagées à l’objectif de communication coulisses d’un événement, images de nouveaux produits (ex : produits artisanaux, mode), vie de l’entreprise.
  • publier des séries thématiques d’images/vidéos pour créer une histoire,
  • publier des images avec du texte (ex : affiches artistiques, annonces d’un événement),
  • petits commerces : encourager les visiteurs à prendre des photos de votre lieu et à les partager sur Instagram, en utilisant le bon mot-clé. Ce type d’initiative peut donner lieu au lancement d’un jeu-concours.

Photos, vidéos, stories : quels contenus partager ?

Les photos ou les vidéos partagées sur Instagram peuvent être visibles de plusieurs façons : soit sur la page d’accueil du compte, où elles resteront visibles en permanence à moins d’une action de suppression, soit en mode « stories », c’est-à-dire visibles par les abonnés pendant une durée maximale de 24 heures. Le mode « stories » adopté par Instagram depuis août 2016 est inspiré du fonctionnement de Snapchat, et permet aussi de partager des courtes vidéos directement auprès de ses contacts.

Ce qu’il faut retenir des images postées sur la timeline 

Il peut s’agir de photos ou de vidéos , qui sont prises en direct depuis l’application ou intégrées depuis les fichiers du smartphone. Depuis août 2015, Instagram permet le partage de médias en format paysage ou portrait et ne se limite plus à un format carré.
Les médias sont partagés dans le fil d’actualité des abonnés ou selon une recherche basée sur un hashtag. Ils s’affichent aussi sur la page d’accueil du compte, sous forme d’une mosaïque de vignettes carrées.

Depuis juin 2016, Instagram applique un algorithme aux médias partagés sur sa plateforme. De la même manière que sur Facebook, cet algorithme décide d’afficher tel ou tel média auprès des abonnés.

Ce qu’il faut retenir des « Stories » : 

Il s’agit d’un format éphémère : les images sont automatiquement supprimées au bout de 24 heures. Elles sont visibles par les abonnés, mais n’apparaissent pas dans leur fil d’actualité. Cela permet de poster plusieurs contenus à la suite sans risquer de « flooder » ses abonnés. Elles sont accessibles via un bouton dédié, en haut à gauche de l’écran d’accueil. Sur l’image, partagée en format portrait, il est possible d’ajouter du texte ou des dessins.

Pour l’entreprise ou la marque, ce format permet un nouveau type de communication : raconter un événement particulier par exemple.

Ce qu’il faut retenir du live : 

Depuis le début de l’année 2017, Instagram permet de diffuser une vidéo en live auprès de ses abonnés. La diffusion passe par la même fonctionnalité que celle dédiée aux stories. La diffusion du live est signalée aux abonnés, qui peuvent interagir pendant tout le temps de la diffusion en postant des commentaires ou en « likant » la vidéo.

Une fois terminée, la vidéo peut être enregistrée sur le smartphone mais n’est plus accessible aux internautes. Les likes et les commentaires du flux vidéo ne sont pas sauvegardés.

Utiliser des outils de veille et de publication en ligne

Plusieurs outils permettent la gestion en ligne de son compte Instagram. Ils ajoutent aussi des fonctionnalités supplémentaires au réseau social. Dans sa version native (desktop ou application), Instagram limite en effet les interactions entre un compte et ses abonnés aux mentions j’aime, aux commentaires et aux abonnements.

D’autres fonctionnalités peuvent être proposées :
– Programmation des publications à certaines heures,
– Veille sur un hashtag précis,
– Relais d’images ou de vidéos postées par d’autres internautes (« repost » ou « regram »),
– Vue d’ensemble sur l’activité des abonnés, sur les mentions j’aime ou les commentaires des internautes,
– Statistiques complètes sur l’activité du compte.

Ces fonctionnalités complètent l’utilisation d’Instagram comme levier marketing pour les professionnels. Certains d’entre eux sont gratuits, et ils sont aussi accessibles pour les petites et moyennes entreprises.

Depuis août 2015, le réseau social a ouvert son interface de programmation (API) aux développeurs, afin de faciliter l’accès aux publicités au plus grand nombre d’annonceurs. Cette ouverture permet également à certains logiciels de publier sur le réseau social depuis un outil tiers. C’est le cas avec Hootsuite par exemple.

Analyser son audience sur Instagram

Analytics et insights sur Instagram

Depuis 2016, Instagram intègre des statistiques en natif sur certains comptes. Pour accéder à cette fonctionnalité, les comptes doivent être passés en profil professionnel. Plusieurs types de statistiques sont disponibles : elles portent sur le compte en lui-même (données sur les abonnés ou sur la visibilité du compte), ou sur les publications (visibilité des images et interactions). Elles sont visibles uniquement via l’application mobile.

* Statistiques liées au compte
Les insights sont accessibles en haut à gauche du profil. Elles permettent de visualiser le nombre d’abonnés et la tendance des abonnements sur les 7 jours précédents. Les impressions, la portée et les vues du profil sont également détaillées sur les 7 derniers jours.

Les données démographiques des abonnés (tranche d’âge, genre, villes et pays) sont également détaillées. En cliquant sur « suite », les habitudes des abonnés sont précisées : elles permettent de mieux connaître les heures ou les jours où leur activité est plus forte.
Enfin, les publications sont classées selon leur portée, leurs impressions ou leurs interactions sur une période de deux ans maximum. Il est ainsi possible de connaître la photo ayant eu le plus grand nombre de mentions « j’aime » sur les deux dernières années.

* Statistiques liées aux publications
Des statistiques plus détaillées liées à chaque publication sont aussi proposées, en cliquant sur « voir les statistiques » sur chaque image.
– Rappel des engagements : nombre de likes, commentaires et enregistrements de l’image,
– Actions de l’internaute : visites du profil ou abonnements,
– Portée et détail des impressions (depuis l’accueil, depuis les hashtags ou depuis le profil…).
Enfin, les insights montrent un pourcentage de découverte, c’est-à-dire le pourcentage des comptes ayant vu la publication qui ne sont pas encore abonnés.

Outils externes

Certaines applications tierces proposent déjà un accès aux statistiques du compte Instagram. Elles nécessitent d’être liées au compte analysé. Certaines sont gratuites mais peuvent être plus limitées en termes de fonctionnalités, d’autres sont payantes.

  • Iconosquare nécessite une connexion via Instagram et permet de visualiser le nombre de likes et de commentaires sur ses propres publications ainsi que sur celles de son réseau. Cette fonctionnalité est gratuite mais limitée, tandis qu’une option payante propose des statistiques plus détaillées (nouveaux abonnés, engagement, viralité…),

RGPD : Google développe des publicités qui n’utilisent pas de données personnelles

 A deux mois de l’entrée en vigueur du RGPD, Google annonce une série de changements, dont un type de publicité non-personnalisé qui n’aura pas besoin de données personnelles.

A deux mois de l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD), Google annonce quelques changements qui permettront à la firme, mais aussi aux éditeurs qui utilisent sa plateforme publicitaire pour gagner de l’argent, de se mettre en conformité.

Pour rappel, ce nouveau règlement encadre l’utilisation des données personnelles dans les Etats de l’UE. Et comme Google traite des données d’utilisateurs en Europe, la firme de Mountain View est donc tout à fait concernée.

Dans un billet de blog posté cette semaine, Google annonce des changements sur les contrats qui lient la firme avec les éditeurs de sites web et avec les annonceurs. « Aujourd’hui, nous informons les annonceurs et les partenaires éditeurs des modifications apportées à nos règles en matière d’annonces. Google exige déjà que les éditeurs et les annonceurs qui utilisent nos services de publicité obtiennent le consentement des utilisateurs finaux pour utiliser nos services, comme l’exige la législation européenne en vigueur. Cependant, le GDPR affinera davantage ces exigences », explique Carlo d’Asaro Biondo, le président des partenariats EMEA de Google.

Plus exactement, le GDRP exige que le consentement des utilisateurs (par exemple pour certains cookies) soit plus explicite et qu’il soit en opt-in mais pas en opt-out. Par défaut, l’internaute ne consent donc pas. Et via les règlements de sa plateforme, Google oblige les éditeurs de sites partenaires à recueillir les consentements de manière à ce que cela soit conforme avec le règlement européen. Pour le moment, on ne sait pas ce que cela aura comme impact sur les revenus publicitaires puisqu’obtenir le consentement de l’utilisateur sera donc un peu plus difficile.

Des publicités non-personnalisées

Pour ceux qui souhaitent afficher des publicités qui n’utilisent pas les données personnelles (ça évite un certain nombre de problèmes), Google travaille aussi sur un type de publicité à l’ancienne (ça va réjouir les adeptes du zero tracking). « Avant le mois de mai, nous lancerons une solution pour soutenir les éditeurs qui souhaitent diffuser des publicités non personnalisées », annonce Carlo d’Asaro Biondo.

On notera par ailleurs qu’en plus des publicités, le RGPD affecte aussi les utilisateurs de Google Analytics, l’outil d’analyse de trafic. Et afin de se conformer au règlement, Google va lancer de nouveaux contrôles sur Google Analytics qui permettent de gérer la rétention et la suppression des données personnelles.

Le GDRP entrera en vigueur dans un contexte particulier puisqu’alors que les acteurs du web se préparent pour être conformes, Facebook est en plein scandale Cambridge Analytica. Si le règlement était déjà en vigueur, cela aurait pu obliger Facebook à être plus transparent vis-à-vis des utilisateurs européens affectés.

 

https://www.presse-citron.net/rgpd-google-developpe-publicites-nutilisent-de-donnees-personnelles/

Voici les 4 piliers du marketing en 2018

 

Les responsables marketing doivent revoir leurs priorités pour toucher efficacement leurs cibles, explique Nicolas Finet, fondateur de Sortlist.fr, société fondée en 2014 qui propose une plateforme de mise en relation entre entreprises et agences marketing.

 

En moins de deux décennies, une poignée de start-up innovantes sont devenues des mastodontes d’envergure mondiale. En écho, des dizaines d’autres jeunes pousses sont venues secouer et changer irrémédiablement leur industrie. Le digital irrigue désormais le monde qui nous entoure. Mais, même dans un contexte de digitalisation générale, les fondamentaux du marketing restent les mêmes : être créatif, être proche du client et se remettre sans cesse en question.

Baigné dans un monde en constante réinvention, le marketer doit être capable d’identifier la vraie innovation dans l’océan déchaîné du « buzz ». Risquons-nous à identifier ce qui, concrètement, fera le marketing des prochaines années : des confirmations et quelques phénomènes émergents.

1) Le contenu : la qualité plutôt que le volume

« Content is king ». Déjà il y a une décennie, le slogan était sur toutes les lèvres. Depuis, nombre d’entre nous se sont fourvoyés dans une sorte de course à l’échalote. Pour vendre, pour se faire connaître, ils ont choisi d’inonder la toile avec des contenus produits au kilomètre. Si les études sur les stratégies marketing démontrent l’incroyable efficacité du « content marketing », celles-ci soulignent aussi la nécessité de privilégier des contenus de qualité, pertinents et ciblés. Et pour preuve, des plateformes telles que Facebook et Google cherchent par tous les moyens à privilégier, via leurs algorithmes, des contenus qualifiés au détriment de contenus « industrialisés » à outrance.

Une réalité qui concerne tant un marketing ou une communication éditorialisée que la publicité ; comme l’expliquait récemment Marc Pritchard, chief brand officer de Procter & Gamble, dans une interview. En 2018, « Quality content is king » !

2) Personnaliser ou mourir

Qui parmi vous n’a jamais clamé l’intérêt de développer une stratégie marketing one-to-one, une personnalisation de toutes les actions auprès de sa direction ? Désormais, il n’est plus temps de convaincre, il est urgent d’agir. Comme le montre une étude d’Accenture, ignorer cette réalité vous sera fatal. Ainsi, en 2016, les entreprises n’ayant pas encore franchi le pas auraient perdu quelque 756 milliards de dollars. Pire, 43 % de leur clientèle serait même partie à la concurrence. De quoi réfléchir, surtout quand on sait à quel point recruter un nouveau client coûte plus cher que d’en conserver un.

Pourquoi refuser ou retarder ce changement alors même que les technologies de martech offrent d’ores et déjà d’incroyables opportunités de personnalisation. Il est désormais possible de personnaliser, en temps réel, la « homepage » de votre site en fonction du profil de l’internaute qui le consulte et des produits et services que vous voulez pousser. Imaginez l’impact que cela a en termes d’acquisition, de transformation et de rétention.

3) Opter pour un marketing d’influence plus incarné

Selon une étude récente menée par l’entreprise Linquia, 86 % des marketers s’appuient sur des influenceurs pour promouvoir leur marque ou renforcer leurs ventes. 92 % d’entre eux se disent convaincus de l’efficacité de ces campagnes et 39 % d’entre eux prévoient même d’augmenter leurs dépenses en 2018.

Des chiffres intéressants mais qui ne peuvent cacher la nécessité pour les marketers de bâtir des stratégies fondées davantage sur un réseau d’influenceurs / ambassadeurs internes. Rien de tel pour incarner une marque, une culture, un savoir-faire et des valeurs. Rien de tel non plus pour contrecarrer les faiblesses des influenceurs externes : une transparence insuffisante des méthodes déployées et la difficulté de mesurer un retour sur investissement fiable. C’est ce qu’ont bien compris, par exemple, des entreprises comme ING en Belgique ou AXA en France .

4) Le nouvel Eldorado du voice marketing ?

D’après une étude de Juniper Research, plus de 50 % des ménages américains seront équipés d’un Amazon Echo ou d’un Google Home d’ici 2022. Un marché encore en gestation en 2018, mais qui suscite un vif intérêt de la part des marketers du monde entier qui s’apprêtent à investir pas moins de 19 milliards de dollars dans les 5 prochaines années…

Bien sûr, ces innovations et ces technologies en sont encore à leurs balbutiements et loin d’avoir atteint la maturité qui leur permettra de répondre aux attentes des consommateurs. Mais, leur potentiel promet une nouvelle accélération et de nouvelles remises en question pour nos stratégies marketing à venir.

 

http://www.mindnews.fr/articles/nicolas-finet-sortlist-fr-voici-les-4-piliers-du-marketing-en-2018.9983.html