Motiver par la communication interne

Transmettre de l’information ne suffit plus. La com’ interne doit désormais susciter l’adhésion des salariés. Définition d’un projet d’entreprise, élaboration de valeurs, partenariat avec les managers… voici les nouveaux leviers sur lesquels agir.

Ces dernières années, le rôle de la communication interne s’est complexifié. Elle ne peut plus se contenter d’être l’outil de transmission d’informations de la hiérarchie à l’ensemble des salariés. Son véritable enjeu est celui de l’adhésion des collaborateurs à l’entreprise et à ses valeurs. L’objectif : les inciter à s’investir et donc les motiver. Voici comment.

Suivre l’évolution de l’entreprise dans la société

Dans le contexte actuel très mouvant, marqué par les nombreuses fusions, restructurations et innovations, la relation des salariés à l’entreprise a changé. « Plus et mieux informés, ils sont aussi devenus plus exigeants », analyse Emmanuelle Bravard, administratrice de l’AFCI (Association française de communication interne) et responsable de la communication interne de l’Onera. Une évolution qui s’inscrit dans une transformation plus globale des métiers de la communication, comme le rappelle Jean-Marc Décaudin, auteur de la cmmunication interne : « Depuis les années 90, le discours tenu aux consommateurs ne s’est plus uniquement limité à une communication sur les produits mais a cherché à véhiculer une image globale de l’entreprise. La réorientation de la communication interne découle de cette évolution. »

Collaborer étroitement avec les managers

Pour aller au-delà du rôle informatif de leur communication interne, les entreprises doivent la repenser en profondeur. Cela passe en premier lieu par la mise en place d’un étroit partenariat avec les managers. « La communication interne est un vecteur de mobilisation mais le manager occupe une place déterminante pour la motivation individuelle de ses collaborateurs, du fait notamment de la relation qu’il entretient avec eux quotidiennement », insiste Emmanuelle Bravard. Aussi la communication interne doit-elle l’épauler dans cette fonction qui ne lui est pas toujours naturelle.

« Elle doit leur apporter un soutien opérationnel, en leur fournissant notamment les outils favorisant la diffusion de l’information. Mais l’un des principaux écueils est de croire qu’une belle boîte à outils suffit pour être efficace. La communication interne doit également être source de conseils, pour l’intégration de la dimension communication en amont de leurs projets ou l’aide à l’élaboration de messages adaptés à leur public. » Un rapprochement du département des ressources humaines peut être judicieux, notamment pour faire circuler les bonnes pratiques en matière de communication managériale.

Donner du sens en communiquant sur le projet d’entreprise

Pour réussir à développer l’implication des salariés par la communication, il faut d’abord réfléchir à ce qui crée de la motivation. Un collaborateur sera motivé s’il sait pour quoi et vers quoi il travaille. Il faut donc donner du sens à ce qui lui est demandé, en inscrivant sa contribution dans un projet d’entreprise.

« L’un des principaux écueils est de croire qu’une belle boîte à outils suffit pour être efficace »

« Comme le dirigeant est la personne qui incarne ce projet, c’est à lui de donner l’impulsion. Dans la mise en œuvre, en revanche, il n’y a pas de recette. Il est primordial d’adapter la communication interne à l’organisation de l’entreprise, à sa culture et à ses objectifs. Ainsi, lorsque le nombre de sites est limité, il est plus aisé de diffuser les messages directement. Dans le cas contraire, l’importance des relais sera accrue », précise Emmanuelle Bravard.

Créer une lettre pour expliquer le projet d’entreprise et indiquer son état d’avancement peut également être envisagé. Le séminaire et la convention, réunissant l’ensemble ou presque des collaborateurs, peuvent être un autre moyen de transmettre cette impulsion. Attention tout de même à ce que ces outils s’intègrent bien à la culture de l’entreprise, son mode de management et l’état d’esprit de ses équipes.

Fédérer les salariés autour de valeurs communes

Il est judicieux d’accompagner la communication autour du projet d’entreprise par la transmission de valeurs propres à la société. « A condition qu’elles reposent sur une réalité, un vécu », met en garde l’administratrice de l’AFCI. Communiquer sur la mixité quand les femmes de l’entreprise sont régulièrement confrontées à des réunions fixées à 18 heures et des remarques parce qu’elles ne travaillent pas le mercredi risque d’avoir l’effet inverse de celui désiré. « Il s’agit de montrer le bien fondé des valeurs par des exemples, relayés sur l’intranet ou dans le journal de l’entreprise. »

Si ces conditions sont satisfaites, il ne faut pas hésiter à communiquer sur les grands thèmes de société, tels que le développement durable ou la responsabilité sociale. Au-delà d’un effet de mode, l’entreprise montrera qu’elle s’inscrit dans la société et qu’elle n’est pas en décalage avec ses grands enjeux.

Favoriser l’échange et la reconnaissance du travail
« Les vœux de début d’année et les anniversaires sont des rendez-vous très favorables »

Pour être motivé, le collaborateur a également besoin d’être écouté et de participer à la vie de son entreprise. « C’est le rôle de la communication interne de créer du lien et de dynamiser les échanges en proposant des démarches qui favorisent l’écoute, le décloisonnement et le travail en réseau », note Emmanuelle Bravard.

Et cette implication doit être sanctionnée par une reconnaissance du travail réalisé. Outre la démarche des managers auprès de chacun de leurs collaborateurs, l’entreprise pourra donner de la visibilité à cette reconnaissance grâce à la communication interne. Par exemple en médiatisant les réussites de certains collaborateurs.

Savoir saisir les bons moments pour communiquer

Certains moments sont plus propices que d’autres à la transmission de ces messages. « Les événements traditionnels de la vie de l’entreprise comme les vœux de début d’année et les anniversaires sont par exemple très favorables, fait remarquer l’administratrice de l’AFCI. Mais on peut également créer ces moments, comme nous l’avons fait à l’Onera, en instituant des visites régulières d’un membre du comité de direction dans les équipes ou en participant à des événements du type Printemps de la convivialité. »

Auteur : Philippe Lepape consultant

Depuis 35 ans dans le domaine de la communication B to B, consultant freelance accompagnement pour le marketing opérationnel et la conquête commerciale. www.philippelepape.com

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